L’avenir de l’artois : L’urgence du cas Mounir Dehak

L’avenir de l’artois : L’urgence du cas Mounir Dehak

Son cas fait des émules, à son corps défendant. Mounir Dehak, 31 ans, médecin urgentiste du centre hospitalier de Lens, ne sait toujours pas s’il foulera encore le sol français dans quelques semaines.

Le 21 janvier, cet Algérien de naissance a reçu un avis préfectoral le sommant de quitter la France d’ici au 21 février. Stupeur pour cet étudiant en médecine qui enchaîne les stages depuis le mois d’octobre 2002. Après Paris, Valenciennes et Dhenin, il fait escale au CH de Lens en mai 2006. Chaque année, l’étudiant voyait son titre de séjour prolongé. Le cauchemar commence en septembre dernier : « Là, la préfecture n’a pas voulu le prolonger. Visiblement, la Drass a établi un avis défavorable. » En cause : un problème d’élocution lui est reproché. L’hôpital a alors tenté une parade en titularisant le docteur et faire ainsi passer son statut d’étudiant à celui de salarié. Peine perdue avec des incertitudes pour seul horizon. « Cela fait huit ans que je suis en France, témoigne ce père d’une petite fille de sept mois née à Lille. Au bout de tant d’années, on est quand même investi dans l’endroit où l’on vit, non ? » Ses collègues le soutiennent. Après une manifestation organisée jeudi dernier, des sites internet fleurissent sur la toile (voir encadré). Mais à vrai dire, Mounir Dehak sent bien qu’il n’a plus son destin entre ses mains : « Je me sens un peu otage de la situation. C’est assez difficile », estime-t-il, conscient qu’il ne pourra peut-être pas suivre sa formation de polytraumatisme jusqu’au bout.
Et là-bas ? « J’ai mes parents qui sont restés en Algérie, mais je ne sais même pas si mes diplômes de spécialité d’urgence que j’ai eus ici sont valables là-bas. » Là-bas, il sera en rade.

Maxime PRUVOST

L’Avenir de l’Artois

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