Manifestation aujourd’hui contre l’expulsion du Dr Mounir Dehak

Manifestation aujourd’hui contre l’expulsion du Dr Mounir Dehak

Une manifestation a lieu aujourd’hui devant le centre hospitalier de Lens, pour protester contre l’expulsion de Mounir Dehak, médecin urgentiste algérien qui poursuit ses études en France depuis huit ans. S’il n’obtient pas le renouvellement de son titre de séjour avant le 21 février, il devra quitter le territoire.

Mounir Dehak, 31 ans, docteur en médecine en Algérie, et bientôt en France grâce à son équivalence, à laquelle il aspire depuis huit ans. C’est ainsi que le Dr Dehak pouvait se présenter il y a encore une semaine. Jusqu’à la réception d’un courrier déconcertant, vendredi. « Le 25 septembre, vous avez sollicité auprès de mes services la délivrance d’un certificat de résidence algérien. Par arrêté de ce jour, j’ai refusé votre demande (…) vous êtes dans l’obligation de quitter la France dans un délai d’un mois. Passé ce délai, cette obligation peut être exercée d’office par l’administration. » Cette lettre de la préfecture du Nord est tombée comme un coup de massue sur Mounir, qui ne sait plus sourire. Le médecin est abasourdi et a la gorge serrée chaque fois qu’il évoque le départ, avec sa femme et sa fille de 7 mois.

L’inquiétude s’était fait sentir fin août, lorsque Mounir s’est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour sous le statut d’étudiant. Attestation d’inscription en médecine, dossier sur son logement et ses ressources pour vivre : comme chaque année, il avait pourtant tout envoyé. Pour éviter de devoir repartir en Algérie, il a alors sollicité ce même titre de séjour, mais sous le statut de salarié, en signant un contrat à durée indéterminée au CHL. « Nous avons effectué un certain nombre de démarches pour conserver M. Dehak, qui est praticien d’origine étrangère travaillant dans nos services , affirme-t-on à la direction de l’hôpital. Mais la décision administrative de la préfecture ne nous permet pas de le garder, puisqu’il lui faut un titre de séjour en règle au moment de l’établissement du contrat pour exercer. » Mounir cessera donc toute activité au CHL le 31 janvier.

« Je ne comprends toujours pas, souffle Mounir. Je devais valider mon équivalence française en octobre. Et tout à coup on me dit de ramasser mes affaires en un mois et de partir comme un criminel qu’on renvoie dans son pays. Je vais devoir quitter ma vie entière à cause de la bureaucratie. »

Une pétitionforte de 200 signatures

Ses collègues l’apprécient beaucoup, humainement et professionnellement, et certains sont prêts à engager des mouvements syndicaux pour le soutenir, tel Patrick Vandewalle, secrétaire général CFTC au CHL : « Il ne profite pas de la société, il lui vient en aide en soignant des gens !

Et il n’a pas encore validé le diplôme pour lequel il est arrivé il y a huit ans. » Même si la nouvelle a abasourdi Mounir, qui semble résigné, il lui reste tout de même quelques arguments : « La formation que je suis ici est longue, le dernier examen a lieu en octobre, regrette-t-il. Et dans le secteur, il y a des gens qui sont en vie parce que j’étais au CHL au bon moment. Mon départ influencera aussi le service des urgences, où on s’apprêtait à ouvrir une équipe de jour en plus de l’équipe de nuit.

» Environ deux cents salariés du centre hospitalier de Lens ont signé la pétition qui s’oppose à son expulsion. Elle sera à la disposition de ceux qui veulent le soutenir, lors de la manifestationà 14 h.

Diffuser & Partager
  • Print
  • Digg
  • Sphinn
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Mixx
  • Google Bookmarks
  • Blogplay
  • Twitter